Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale se réuniront dans les prochains jours à Bangkok, dans un contexte marqué par des coûts énergétiques élevés et les anticipations d'un resserrement de la politique monétaire de la part des banques centrales afin de freiner l'inflation qui en résulte.
De plus, le calendrier des données macroéconomiques, les résultats trimestriels des banques américaines et les tensions persistantes sur les marchés obligataires laissent présager une nouvelle semaine agitée.
Tour d'horizon des perspectives de marchés dans les jours à venir:
1/ ESCAPADE ASIATIQUE
La capitale thaïlandaise accueillera, de lundi à dimanche, les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, avec la croissance, la dette et la géopolitique au coeur des débats.
L'attention des marchés se concentrera principalement sur la publication du rapport "Perspectives économiques mondiales" du FMI, prévue mardi.
La guerre au Moyen-Orient a déjà contraint l'institution financière à revoir à la baisse à deux reprises ses prévisions de PIB mondial pour 2026, et la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a laissé entendre que la lecture de ce rapport ne serait pas des plus réjouissantes, compte tenu des prix exorbitants de l'énergie, d'une dette publique record et de la nervosité des marchés obligataires.
Les tensions géopolitiques occuperont une place prépondérante, tout comme la question de la réglementation de l'intelligence artificielle (IA) sur fond de concurrence croissante entre les États-Unis et la Chine pour prendre l'avantage dans ce domaine.
Le plan de restructuration de la dette récemment annoncé par le Sénégal devrait également susciter l'intérêt, et la France devrait tout autant être présente dans tous les esprits, à un moment où les investisseurs se demandent s'il existe un risque que la situation des finances publiques de la deuxième économie de la zone euro puisse se répercuter sur le reste du bloc.
2/ NOUVEAU TEST D'INFLATION
Le rapport sur les prix à la consommation aux États-Unis pour le mois de septembre sera publié mercredi et constituera l'une des dernières données clés avant la réunion de la Réserve fédérale (Fed) prévue la dernière semaine du mois.
L'indice devrait afficher une hausse de 0,6% en glissement mensuel, tandis que la mesure sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles que sont l'énergie et l'alimentation, devrait avancer de seulement 0,2%, montre un sondage Reuters.
En août, l'indice sous-jacent avait enregistré sa plus forte hausse en quatre mois, ce qui a été déterminant pour convaincre la Fed de procéder à sa première hausse des coûts d'emprunt depuis 2023.
Les anticipations d'un nouveau relèvement en octobre se sont affaiblis, notamment après la publication d'un rapport sur l'emploi plus faible que prévu. Toutefois, des chiffres indiquant une nette accélération des prix pourraient le remettre à l'ordre du jour.
Les chiffres des prix à la production, qui seront publiés jeudi, permettront de préciser encore davantage le tableau de l'inflation. Ce même jour seront également connues les données relatives aux ventes au détail.
3/ QUELLE DIRECTION POUR LES BANQUES DE WALL STREET?
Les investisseurs sont habitués à ce que ce soient les grandes banques américaines qui donnent le coup d'envoi de la saison des résultats d'entreprise et cette tradition se poursuit.
Quatre des six plus grands banques de Wall Street, JPMorgan Chase JPM.N , Goldman Sachs GS.N , Citigroup C.N et Wells Fargo WFC.N , publieront leurs résultats mardi, suivis par ceux de Morgan Stanley MS.N et Bank of America BAC.N mercredi.
Les bénéfices devraient augmenter de jusqu'à 20% par rapport à l'année dernière mais la forte hausse des rendements des bons du Trésor, qui évoluent autour de leurs plus hauts niveaux depuis plus de deux décennies, pèse sur les actions du secteur. Ainsi, l'indice KBW des banques américaines a reculé d'environ 13% par rapport à son sommet atteint en août.
Les investisseurs seront attentifs à tout signe indiquant que la récente hausse des rendements pourrait freiner la conclusion d'opérations et la croissance des prêts, ainsi que peser sur les coûts de financement dans l'ensemble du secteur.
4/ FABRIQUÉ EN CHINE
Les chiffres chinois du commerce extérieur, prévus mercredi, révéleront si les exportations liées à l'IA continuent de soutenir une économie freinée par la faible demande intérieure, conséquence de la crise prolongée du marché immobilier.
Les exportations de la deuxième puissance mondiale ont enregistré une croissance à deux chiffres pendant quatre mois consécutifs, grâce à la forte demande mondiale de produits liés à l'IA, de véhicules électriques, de cellules solaires et de batteries lithium-ion.
Selon un sondage Reuters, les exportations devraient avoir bondi de 25,3% sur un an en septembre, en dollars, contre une progression de 25% en août. Les importations devraient afficher une croissance de 23,5%, contre 28,2% un mois plus tôt.
D'autres chiffres prévus le même jour devraient mettre en évidence la persistance des pressions sur les prix liées au conflit avec l'Iran.
L'indice des prix à la production devrait avoir augmenté jusqu'à 4,4% en septembre, contre 3,8% en août, tandis que les prix à la consommation devraient passer de 0,8% à 1,1%.
5/ ATTRAPER UN COUTEAU QUI TOMBE ?
La flambée des rendements de la dette souveraine incite clairement certains investisseurs à se tourner à nouveau vers les obligations, comme en témoigne la forte demande enregistrée lors des dernières adjudications aux Etats-Unis et au Japon.
Mais, pour reprendre l'adage boursier, veut-on vraiment attraper un couteau qui tombe ?
C'est la question qui préoccupe les investisseurs, car la vague de ventes d'obligations ne semble pas près de s'atténuer.
Les rendements des obligations américaines et françaises se maintiennent près de leurs pics depuis 24 ans et la volatilité reste élevée.
L'écart de rendement entre les obligations franco-allemandes à 10 ans, qui s'établit à environ 136 points de base vendredi, était inférieur à 100 points de base il y a seulement un mois.
La France, dont le déficit élevé la place parmi les plus mauvais élèves de la zone euro, vient d'entamer l'examen en commission du projet de loi de finances (PLF) pour 2027, marquant ainsi le début d'un processus qui s'annonce particulièrement mouvementé à l'approche de l'élection présidentielle de l'année prochaine.
Ces dernières années, les débats autour du budget ont déjà provoqué de vives tensions sur les marchés de la dette, sans parler des crises politiques récurrentes.
La rapidité et l'ampleur du creusement de ce "spread" a déjà pesé sur les obligations italiennes, les actions européennes et l'euro, tombé lundi à un creux de 17 mois face au dollar américain.
Cela a également conduit à mettre en avant le rôle des fonds spéculatifs, qui recherchent des profits rapides et qui ont récemment renforcé leur présence sur les marchés obligataires d'importance systémique.
(Graphiques par Kripa Jayaram, reportage Tatiana Bautzer et Lewis Krauskopf à New York, Rocky Swift à Tokyo, et Marc Jones and Dhara Ranasinghe à Londres ; version française Diana Mandia ; édité par Benoit Van Overstraeten)

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